Baptisés et envoyés (II Tim 1, 6-8.13.14 ; Lc 17, 5-10)

Homélie du dimanche 6 octobre 2019.

 

Le Pape François propose que nous fassions de tout ce mois d’octobre un mois missionnaire, sur le thème : « baptisés et envoyés : l’Église du Christ est en mission dans le monde ». Trois événements se rejoignent aujourd’hui.

  • L’Église se souvient en effet qu’une jeune femme de Lyon donna, à l’automne 1819, une impulsion pour soutenir par la prière et les finances l’élan missionnaire de l’Église.
  • Elle se souvient aussi qu’en novembre 1919, le Pape Benoît XV donna une exhortation apostolique plaidant pour une meilleure formation du clergé, qu’il soit autochtone ou missionnaire.
  • Enfin portons dans notre prière le synode pour l’Amazonie qui vient de commencer. C’est une région du monde où les populations sont profondément meurtries par des décisions ou des actions qui défigurent leur environnement. Quelle bonne nouvelle annoncer à ce peuple pour qu’il puisse célébrer le Seigneur et le reconnaître au cœur de sa création ?

 

Nous sommes ce peuple « baptisé pour témoigner… pour annoncer les merveilles de Dieu pour tous les vivants ». Le baptême n’est pas un bien dont je m’empare comme un diplôme qu’on accrocherait au mur. Le baptême ne peut que nous mettre sur le chemin des disciples missionnaires. Une façon de réactiver notre baptême serait peut-être de dire la prière des disciples à Jésus : « Augmente en nous la foi ! » Faut-il penser que notre foi n’est pas bien grande, car jamais nous n’avons vu un arbre se déraciner pour se planter dans la mer ! Comme d’habitude Jésus exagère pour indiquer que nous avons du chemin à faire dans la foi. Nous n’aurons jamais fini de l’approfondir et de la faire vivre.

 

Peut-être le ton de l’évangile d’aujourd’hui semble désabusé. Pourtant les exemples ne manquent pas où nous remarquons la volonté de nous mettre au service des personnes qui sont autour de nous : dans les mouvements, les associations, les services paroissiaux : « Nous sommes de simples serviteurs, nous n’avons fait que notre devoir » mais au moins nous l’avons fait ! Peut-être avons-nous été ce serviteur qui a labouré pour creuser les sillons : la semence ira s’y planter pour germer en son temps. Peut-être avons-nous été ce serviteur qui a gardé le troupeau : il lui a procuré le bien-être d’un endroit où il peut refaire ses forces. La foi n’est pas désincarnée : elle s’enracine dans le quotidien de nos vies et de nos rencontres.

 

Nous sommes ce peuple chargé de transmettre la bonne nouvelle. La deuxième lettre à Timothée résonne comme un testament. Paul est en prison, mais il a le souci de passer le relais à son disciple Timothée pour que rien ne soit perdu de ce qu’il lui a enseigné. Il lui demande de ne pas avoir peur. Dieu lui a donné « un esprit de force, d’amour et de pondération. » Pour une part le christianisme, en occident, se meurt de ne pas transmettre l’évangile aux jeunes générations. Récemment je lisais un article disant que ce sont les grands-parents qui portent le flambeau à leurs petits enfants. D’ailleurs, au Ch’ti pélé de Lourdes, des grands parents ont accompagné leur petits enfants. Belle expérience. Il reste que beaucoup de parents ont besoin de raviver la foi de leur baptême pour devenir à leur tour disciples missionnaires auprès de leurs propres enfants. Il y a là un défi que nous devrions relever ensemble.

 

Que le Seigneur bénisse ce mois d’octobre pour que nous accueillions l’invitation du pape : baptisé et envoyés pour annoncer la bonne nouvelle dont nous sommes dépositaires après tant d’autres témoins qui nous ont précédés.

 

Père Christian Berton

 

La foret Amazonienne, vue de la tour d’observation du MUSA. Manaus, Brésil (2018). Photo : flick.com/SebMar – CC BY-NC-SA 2.0