“Voici l’Epoux, sortez à sa rencontre” (Mt 25, 1-13)

Les lectures de ce 32ème dimanche mettent l’accent sur la rencontre avec le Seigneur. Rencontrer quelqu’un :  une expérience banale, de tous les jours, mais qu’il convient de rendre unique.

 

La première lecture (Sg 6, 12-1-) met en avant des gens qui cherchent la sagesse. Mais voilà que la Sagesse elle-même, personnifiée, vient à leur rencontre. La rencontre est le fruit d’un double mouvement.

La deuxième lecture (I Th 4, 13-18) donne un enseignement sur ce qui se passe après la mort. Paul écrit : « Nous serons emportés sur les nuées à la rencontre du Seigneur. » Il essaie de proposer une perspective à ses lecteurs. Pour cela il utilise une imagerie étrange, en parlant de trompette divine, de nuées, de voix de l’archange. Si on compare à certains scénarios de films, nous comprenons que l’imagerie est au service d’un message d’espérance : nous sommes appelés à vivre avec le Seigneur, en sa présence.

Dans l’évangile (Mt 25, 1-13), nous entendons le cri : « Voici l’Epoux, sortez à sa rencontre. » Il s’agit d’une parabole comme Jésus les aimait. Il se sert des coutumes juives du mariage où le cortège accompagnait les mariés jusqu’à la demeure du marié. Encore faut-il être prêt au moment où le cortège se forme et donc avoir une réserve d’huile suffisante.

Des rencontres, nous en vivons continuellement. Tout notre être, tous nos sens orientent vers la rencontre avec les gens : la famille, les collègues de travail, les amis. Certaines rencontres sont inattendues, mais elles restent marquées dans la mémoire, car elles ont été des moments forts, inoubliables. D’autres nous remplissent de joie avant qu’elles aient lieu. Nous savons qu’elles vont procurer du bonheur de se retrouver et nous nous y préparons avec soin. D’autres enfin laissent un goût amer, le goût de la confrontation.

Je pense au livre de Saint-Exupéry, Le petit prince, lorsque le renard lui demande de l’apprivoiser. Il lui indique la méthode : « Il faut être très patient… Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe, Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus… Si tu viens à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrirai le prix du bonheur ! » Et le renard de conclure : il faut des rites pour lesquels il convient de se préparer.

L’évangile nous introduit à un rite de mariage : une rencontre qui comble de joie ceux et celles qui ont reçu l’invitation. N’oublions pas que, dans la Bible, le mariage est le signe de l’alliance entre Dieu et son peuple. Aussi une question se pose : es-tu prêt à vivre dans cette alliance ? As-tu une réserve d’huile suffisante pour te joindre au cortège ? Es-tu insouciant ou prévoyant ? Voici quelques pistes pour être prévoyants et nous préparer à rencontrer le Seigneur.

  • Rencontre de la prière pour se préparer à rencontrer le Seigneur : dans un cœur à cœur avec le Seigneur. Cette prière peut prendre la forme de l’adoration.
  • Vivre chaque rencontre comme un moment unique, dans le dialogue et l’écoute respectueuse.
  • Rencontre du Christ dans les sacrements : l’Eucharistie et le pardon, mais aussi le sacrement du mariage.
  • Rencontre du frère qui a besoin d’une parole ou d’un geste : « Ce que vous ferez à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faites. »

 

Nos rencontres quotidiennes, du Seigneur dans la prière, des personnes que nous côtoyons, sont autant de possibilités d’augmenter notre réserve d’huile. Soyons prévoyants et vivons intensément chaque rencontre comme signe de la présence du Seigneur.

 

Père Christian